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Urbanisation des Systèmes d’Information

Les évolutions d’un système d’information d’une entreprise, ne peuvent pas être menées en une seule étape. Il est nécessaire de prendre en compte l’environnement lors de l’évolution d’un domaine applicatif. Cela peut être accompagné et facilité par la mise en place d’une infrastructure fédératrice des Systèmes d’Information (ou peuvent intervenir des outils de type EAI), et par la formalisation de règles de construction et d’évolution des services applicatifs indépendantes des infrastructures.
L’élaboration de la cartographie urbanisée du système d’information et de son architecture fonctionnelle cible permet de fournir à l’entreprise un cadre de référence.
L’urbanisme des systèmes d’information est un moyen permettant de maintenir la cohérence du système d’information tout en améliorant globalement son efficacité à contribuer à l’atteinte des objectifs de l’entreprise.
Il est illusoire en effet de remplacer aujourd’hui en une seule fois l’ensemble du système d’information (l’expérience montre que la valeur ajoutée d’un système d’information totalement refondu n’est évidente que sur 20% de son périmètre et que la plupart des fonctions sont reconduites, alors que le coût et les risques portent sur 100% du périmètre). [LONGEPE (2001)]
Une première étape consiste à établir le lien entre la stratégie de l’entreprise et les processus mis en place, destinés à y répondre. Puis à identifier en quoi le système d’information peut s’aligner sur la stratégie de l’entreprise et contribuer à répondre à l’efficacité des processus.

La cartographie urbanisée du SI

La cartographie repose sur quatre visions du système d’information :

  • la vision métier qui décrit les processus, activités et tâches que le SI doit supporter,
  • la vision fonctionnelle qui décrit les fonctions du SI permettant de supporter les processus,
  • la vision applicative décrivant l’ensemble des éléments applicatifs du SI,
  • la vision technique décrivant l’architecture technique (matériels, logiciels de base et technologies utilisées).

Le modèle urbanisé propose de décrire la vision applicative en trois niveaux :

  1. le bloc de services applicatifs (ou îlot),
  2. le quartier,
  3. la zone.

Correspondants aux trois niveaux de la vision fonctionnelle :

  1. la fonction,
  2. le domaine,
  3. la région.

Supportant les trois niveaux de la vision métier :

  1. la tâche,
  2. l’activité,
  3. le processus.

La tâche peut être supportée par plusieurs fonctions et la fonction par plusieurs services applicatifs.

Le SI est réorganisé autour de deux idées maîtresses :

  • Cohérence forte/ couplage faible : définir les blocs pour lesquels les données et les traitements présentent une forte cohérence (cohérence forte) et une frontière bien délimitée avec les blocs connexes (couplage faible) ;
  • Encapsulation : le bloc est propriétaire de ses données et de ses traitements et sont masqués pour les autres blocs. Un bloc ne peut accéder aux données d’un autre bloc qu’en faisant appel aux services que propose celui-ci.

A la frontière de chaque bloc, les échanges avec l’extérieur se font au moyen d’interfaces publiques et éventuellement par l’intermédiaire d’une infrastructure fédératrice (où peuvent intervenir des outils de type EAI, ETL, Web Services, ou interfaces classiques).

Les itérations successives, permettant d’atteindre la cible, s’effectueront par assemblage de briques fonctionnelles ou techniques.

L’urbanisation est donc la mise en oeuvre des activités :

  • de cartographie du SI,
  • d’établissement des règles d’urbanisation,
  • de mise en conformité du SI existant,
  • de gestion des besoins d’évolution.

Plusieurs conventions de représentation des cartographies sont présentées par les auteurs. Cela est dû à la jeunesse du concept d’urbanisation et aux courants prétendants sa paternité.

Les règles de bonnes pratiques permettent de définir à priori les régions suivantes :

  • Région « échanges » (Front Office) ;
  • Région « gisement de données » ;
  • Région « référentiels » contenant les référentiels de données et les règles de gestion ;
  • Région « décisionnel » ;
  • Région « opérations » pour le cœur du métier ;
  • Régions « ressources » pour les activités « support ».

Auxquelles correspondent pour l’architecture applicative [LONGEPE (2001)] :

  • Zone « échanges » ;
  • Zone « gisement de données » ;
  • Zone « référentiels » contenant les dictionnaires de données et les règles de développement et de gestion;
  • Zone « décisionnel » ;
  • Zone « opérations » ;
  • Zone « ressources ».

Deux zones supplémentaires sont ajoutées, zone « pilotage » correspondant au middle office pour la gestion du flux de données et d’applications et zone « gestion des flux » pour le contrôle et la validation des flux en back office. [LONGEPE (2001)]

Enjeux de l’urbanisme

  1. Favoriser l’intégration de systèmes d’information de natures différentes en assurant leur cohérence, leur intégrité et leur capacité à consolider l’information :
  2. faciliter l’intégration des applications spécifiques et des progiciels du marché
  3. améliorer la communication entre front offices et back offices
  4. mieux intégrer les ERP avec les autres composants du système d’information
  5. faciliter l’émergence et l’intégration de nouveaux canaux au sein du système d’information
  6. permettre l’introduction de nouvelles applications Best of Breed du marché, sans perturber le fonctionnement des applications existantes
  7. Avoir la capacité d’accompagner le développement des organisations dans un contexte d’entreprises étendues, en prenant en compte les composantes ci-après :
    • le développement à l’international
    • la diversité des partenaires (clients, fournisseurs, banques, …)
    • l’évolution des structures dans le cadre de fusions / acquisitions
    • Aller plus vite pour intégrer de nouveaux systèmes d’information et faciliter l’évolution progressive des SI
    • Améliorer la fluidité des processus au sein de l’entreprise, en facilitant la communication entre les différents composants du système d’information (via l’utilisation des Enterprise Application Integration)
    • Améliorer réellement la productivité et l’efficacité des différentes fonctions métiers au travers des systèmes
    • Assurer une couverture fonctionnelle complète pour des besoins métiers parfois très pointus
    • Garantir la fiabilité et la cohérence des données
    • Centrer les applications sur le client final

Bénéfices de l’approche d’Urbanisation des SI

L’approche urbanistique des SI est intéressante et apporte des bénéfices certains :

  • Elle est structurée par phases et modules, d’où la possibilité de paralléliser des tâches et d’approcher la cible par itérations successives ;
  • Elle dissocie l’étude de l’architecture fonctionnelle et de l’architecture technique avant de les faire converger dans le cadre d’un plan d’urbanisation ;
  • Elle n’intègre les composants applicatifs et techniques qu’en fin de cycle ;
  • Elle favorise une évolution progressive du système d’information et une hiérarchisation des projets en fonction des enjeux majeurs des organisations.

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Références bibliographiques

  1. Club URBA-SI, Urbanisme du S.I., De la gouvernance aux projets, DUNOD, 2010.
  2. Abdelkader BAAZIZ (2004), Réflexion sur l’amélioration des performances des Ressources Humaines en tenant compte des exigences Qualité – Cas Sonatrach – Division Opérations, Mémoire de 3ème Cycle en Management des Systèmes d’Information, Université de Perpignan, Septembre 2004.
  3. Christophe LONGEPE (2001), Le projet d’urbanisation du système d’information, Démarche pratique avec cas concret, DUNOD, 2001.
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24 février 2012 at 21:17