Synergie du triptyque : Knowledge Management, Intelligence Economique & Business Intelligence.

3 mars 2012 at 11:22 1 commentaire

Le Système d’Information d’une Organisation ne peut créer une synergie avec les acteurs décideurs de cette Organisation que s’il est capable de créer cette synergie entre les connaissances propres de l’organisation (savoir et savoir-faire connus communément par le  terme anglophone « Knowledge Management » ou « KM »), la capacité de décryptage des signaux et des changements opérés dans l’environnement où active cette Organisation (par le biais d’un système d’Intelligence Economique) afin de prétendre à des décisions pertinentes au temps opportun (en usant des outils d’aide à la décision qu’est la « Business Intelligence »).

A première vue c’est une idée originale est simpliste mais en profondeur c’est un processus complexe. D’abord par rapport aux préalables exigés pour ce processus : un environnement favorable à une organisation apprenante. Ensuite, il y a d’autres processus complexes de production de connaissances managériales qui entrent en jeu.  (1)

Cette transformation des connaissances obtenues à partir d’informations externes, devient une connaissance interne résultat d’un apprentissage et d’une appropriation.

Beaucoup de travaux sur la convergence et complémentarités du KM et IE ou KM et BI ont été effectués mais aucun n’a abordé explicitement, la synergie des trois domaines KM, IE et BI à l’exception de quelques rares essais, tel que celui du J. Liebowitz in « Strategic intelligence »(2).

La mise en place d’un système d’intelligence économique (veille stratégique et concurrentielle) s’impose pour faire face aux menaces de l’environnement externe et en particulier ses concurrents et saisir au mieux les opportunités qui s’offrent à l’entreprise.

« L’intelligence économique peut être définie comme l‘ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l’information utile aux acteurs économiques. Ces diverses actions sont menées légalement avec toutes les garanties de protection nécessaires à la préservation du patrimoine de l’entreprise, dans les meilleures conditions de qualités, de délais et de coût. L’information utile est celle dont ont besoin les différents niveaux de décision de l’entreprise ou de la collectivité pour élaborer et mettre en oeuvre de façon cohérente la stratégie et les tactiques nécessaires à l’atteinte des objectifs définis par l’entreprise dans le but d‘améliorer sa position dans son environnement concurrentiel »
Extrait du rapport de H. Martre pour le Commissariat Générale au Plan de la République Francaise(1994)

La satisfaction client, la performance et l’efficacité des processus métier passent obligatoirement par la mise à niveau des compétences des intervenants d’où la nécessité de passer par un système de capitalisation du savoir faire et donc la mise en place de systèmes d’information collaboratifs et du knowledge management.

L’intelligence économique et le knowledge management sont deux activités qui permettent aux organisations d’être plus compétitives, par la surveillance d’une part de l’environnement externe et d’autre part par le suivi et la surveillance des changements internes qu’elles doivent opérer pour s’adapter. La décision ne peut être pertinente que si elle n’est pas prise dans un contexte d’une organisation intelligente où l’information tant interne (KM) qu’externe (IE) est disponible, récente, analysée et contextualisée. D’où l’intervention de la Business Intelligence et la synergie du triptyque : KM, IE et BI.

Devant les contraintes environnementales et organisationnelles des entreprises et la forte similitude des outils caractérisant l’intelligence économique et le knowledge management, On ne peut raisonnablement faire l’un sans pratiquer l’autre. L’objectif des deux est la prise d’une décision pertinente dans un contexte donnée afin de saisir une opportunité ou éviter une menace.

La décision ne peut être pertinente que si elle n’est pas prise dans un contexte d’une organisation intelligente où l’information tant interne (KM) qu’externe (IE) est disponible, récente, analysée et contextualisée. D’où la synergie du triptyque : KM, IE et BI.

En fait l’intelligence économique et le knowledge management ont beaucoup de points communs : (3)

  • La constitution de réseaux et communautés de pratique
  • Une logique tournée vers l’innovation
  • Une mise en place de l’entreprise apprenante
  • La gestion stratégique des compétences et des ressources humaines
  • La gestion des actifs immatériels (y compris le savoir et savoir-faire)
  • Implication du top management pour la réussite du projet KM ou IE.

Ceci constitue un atout économique de taille puisque les investissements en infrastructure, plateformes applicatives et une partie de l’étude sont communs. Il suffit alors de développer pour chaque axe, ses spécificités.

Ceci est aussi valable pour la Busines intelligence (décisionnel) qui s’appuis sur les résultats des deux premières disciplines afin de constituer les hypothèses, l’analyse pour aboutir à la décision.

La décision prise devient elle-même un élément d’apprentissage organisationnel et enrichira la base de connaissance de l’Entreprise.


 (1) Yvon PESQUEUX, Management de la Connaissance : Un modèle organisationnel ?, article publié sur le site HAL du CNRS, 2005.

(2) Jay Liebowitz, « Strategic Intelligence », CRC Press, Auerbach Publications, 27 Mars 2006

(3) Stéphane Goria, « Knowledge Management & Intelligence Economique : Deux notions aux passés proches et aux futurs complémentaires », Journal en ligne ISDM N°27, Université du Sud Toulon Var

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Urbanisation des Systèmes d’Information La dimension humaine ou le catalyseur de la synergie du triptyque : KM, IE et BI

Un commentaire

  • 1. Abdelkader BAAZIZ  |  6 mars 2012 à 09:51

    Un de mes amis de la faculté de droit et des sciences économiques (Université de Ouargla) m’a fait la remarque que Intelligence Economique et Business Intelligence signifient exactement la même chose. Il suffit de traduire du francais vers l’anglais ou inversement pour se rendre compte !

    Effectivement c’est une remarque pertinente. J’ai même signalé cette confusion dans mon mémoire de 3ème Cycle à l’annexe 1 page 153. Mais quelques précisions s’imposent :

    1° – Dans la littérature francophone et anglophone, il ya consensus de désigner le processus décisionnel et ses outils par l’appelation « Busiess Intelligence ».

    2° – L’intelligence économique est un concept relativement nouveau. Il n’existe pas de définition unique.

    Le terme Intelligence Economique (IE) à été introduit pour la première fois en 1994 par Henri Martre dans son rapport pour le commissariat générale au plan de la République Francaise.

    Une notion avec un contenu très proche de ce que H. Martre avait décrit dans son rapport, existait depuis les années 80, sous la dénomination de « veille stratégique » ou encore, dans les pays anglo-saxons, de « Compétitive Intelligence » et même « Environment Scanning ».

    L’I.E connaît une indéniable progression des pratiques en entreprise une offre conséquente d’outils informatique dédiés, mais également un manque d’assises théorique, une absence de concepts spécifiques, et une insuffisance de méthodes originales.



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